Débat : “Que vaut encore le dimanche ?” (Polit-Forum Berne, 30.11.2023)

Photos ©SusanneGoldschmid

En Suisse, le travail du dimanche est en principe interdit, mais plusieurs entreprises et groupes professionnels en sont déjà exemptés. D’autres libéralisations de cette interdiction sont désormais proposées et exigées. Le conseiller fédéral Parmelin propose par exemple d’ouvrir certains magasins dans les centres-villes sept jours par semaine. Et la Commission de l’économie du Conseil national souhaite supprimer complètement la loi sur le travail pour les entreprises qui existent depuis cinq ans ou moins. L’interdiction de travailler le dimanche ne s’appliquerait donc plus aux employés de ces entreprises. Ce ne sont là que deux projets politiques parmi tant d’autres.

Ces développements sont inquiétants, car le dimanche est d’une grande importance pour la cohabitation sociale : c’est le jour de la famille, il sert au repos et à la détente en commun ainsi qu’à l’entretien de contacts sociaux au sein du cercle d’amis, d’associations ou de communautés religieuses. Il est donc grand temps de se pencher de manière critique sur les conséquences de cette politique et notamment sur ses effets sociaux et sanitaires.

Participantes:

  • Christina Aus der Au, théologienne, présidente du conseil de l’Église, Église évangélique du canton de Thurgovie
  • Brigitta Danuser, professeur émérite de médecine du travail à l’Université de Lausanne et ancienne présidente de la Société suisse de médecine du travail (SSMT)
  • Ina Auf der Maur, vendeuse

Modération : Leena Schmitter (Syndicat Unia)

Retrouvez le débat ici (en allemand)

La suppression du repos dominical a été évitée

Fin janvier 2022, la Commission de l’économie du Conseil national a de nouveau débattu de l’initiative parlementaire Schneeberger, et a corrigé sa décision précédente : l’affaire est close. L’Alliance du dimanche s’est opposée dès le début à cet objet et se félicite de cette décision !

L’initiative visait à étendre le travail dominical dans des proportions historiques. À travers elle, 75% des entreprises suisses de services auraient potentiellement fait travailler leurs employé-e-s le dimanche. 

Or le dimanche est le jour de la famille, le jour du repos et de la détente en commun, le jour où l’on nourrit ses relations sociales et la pratique religieuse. La famille, les relations parents-enfants, les communautés religieuses, les activités d’entraide au sein de la famille et du voisinage seraient impactées par une extension du travail dominical. La santé en souffre également.

L’Alliance pour le dimanche est convaincue que le repos dominical doit être préservé pour l’ensemble de la société et que le travail du dimanche ne doit être autorisé que quand cela est justifié, comme c’est le cas aujourd’hui. 

La Commission de l’économie du Conseil des Etats dit « stop » à la suppression du repos dominical

La CER-E rejette l’initiative parlementaire Schneeberger intitulée « Travail dominical. Établir la clarté ». L’Alliance pour le dimanche salue cette décision, car l’initiative en question prévoit une extension du travail dominical à tous les services. Cela signifie que de nombreux salarié-e-s devraient travailler le dimanche et que certaines dispositions de protection de la loi sur le travail dans le secteur tertiaire seraient supprimées.

L’initiative propose une extension historique du travail du dimanche puisqu’elle permettrait potentiellement à 75 % des entreprises suisses actives dans le domaine des services de recourir à cette possibilité. Cette modification de la loi pourrait ainsi avoir des retombées sur des centaines de milliers d’employé-e-s.

L’extension du travail du dimanche aurait pour conséquence d’éloigner les gens les uns des autres dans la société. Les membres d’une même famille n’auraient plus congé les mêmes jours et ne pourraient donc plus se voir que très rarement. La famille, les relations parents-enfants, les activités d’entraide au sein de la famille et du voisinage seraient touchées, ainsi que la santé des employé-e-s.

L’Alliance pour le dimanche est convaincue que le repos dominical doit rester une réalité pour l’ensemble de la société et que le travail du dimanche ne doit être autorisé que dans des cas justifiés, comme c’est le cas aujourd’hui.

Appel de l’Alliance

L’Alliance pour le dimanche appelle maintenant la Commission du Conseil national, qui va délibérer sur ce dossier, à tenir compte de ce refus. Elle doit prendre ses responsabilités et rejeter une fois pour toutes cette initiative dangereuse pour la santé.

Commission de l’économie : une attaque inédite et inacceptable contre le repos dominical

L’Alliance pour le dimanche s’oppose à l’extension du travail à 12 dimanches par année dans le commerce demandée par la Commission fédérale de l’économie. Cette mesure ne servira pas l’ensemble de l’économie et constitue un miroir aux alouettes pour les acteurs qui auraient besoin d’un véritable soutien. Elle provoquerait un démantèlement durable de la protection des salarié-e-s et une péjoration des conditions de vie des petits commerces. Pour la santé, les familles et la société, le repos dominical est une nécessité et doit être préservé.

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Votation à Berne – 7.3.2021 – Non à plus de travail le dimanche ! Solidarité avec les vendeuses !

Le Grand Conseil du canton de Berne veut prolonger les heures d’ouverture des magasins. Les magasins seraient autorisés à ouvrir deux dimanches supplémentaires par an. L’Alliance pour le dimanche refuse cette libéralisation.

2 dimanches par an, ça suffit ! Aujourd’hui déjà, les vendeuses travailler doivent six jours par semaine et deux dimanches par an, avec des horaires souvent très flexibles. Le personnel de vente refuse une extension du travail du dimanche parce qu’il détériore ses conditions de travail.

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St-Gall: Une initiative contre le travail du dimanche

L’Exécutif de la Ville de Saint-Gall a décidé de sa propre initiative que les magasins du centre-ville pourraient également être ouverts le dimanche. Il a pu prendre cette décision sur la base d’une disposition du règlement concernant le jour de repos et l’ouverture des magasins. Une coalition d’organisation lance une initiative pour remettre le pouvoir de décider des heures d’ouverture des magasins dans la ville de Saint-Gall au législatif. De cette manière, le Parlement et les citoyen-ne-s pourront à nouveau décider des heures d’ouverture des magasins. La signature est réservée aux citoyen-ne-s st-gallois; consultez notre site germanophone pour signer l’initiative.

Berne : le référendum contre le travail du dimanche a abouti avec 20 000 signatures

Le Grand Conseil reçoit la monnaie de sa pièce sur une des premières décisions qu’il a prises depuis le début de la pandémie de Corona : Malgré l’engagement extraordinaire du personnel de vente lors du semi-confinement au printemps, le Parlement cantonal bernois a décidé en juin de le faire travailler deux dimanches de plus, à savoir quatre au lieu de deux. Le Parlement a de fait cédé au lobby de la grande distribution. En ayant abouti, le référendum contre la loi révisée sur le commerce et les échanges (LCI) casse clairement la dynamique hostile à la protection du dimanche. La décision appartient maintenant aux citoyen-ne-s du canton de Berne.

Malgré les difficultés liées au coronavirus, les syndicats et les partis politiques avec le soutien de l’Alliance pour le dimanche ont recueilli plus de 20 000 signatures en seulement trois mois (17 842 signatures certifiées). Elles ont été déposées aujourd’hui à la Chancellerie. Ce résultat est écrasant compte tenu que 10 000 signatures sont requises pour qu’un référendum aboutisse. Il renforce les employés du commerce de détail dans leur lutte contre le travail du dimanche et constitue un très bon point de départ pour la votation de l’année prochaine. Le référendum donne maintenant à la population la possibilité de juger et de rejeter le projet arrogant du Grand Conseil.

Foto: copyright Manu Friederich www.manu.ch

Canton de Berne : référendum “Non à plus de travail du dimanche. Solidarités avec les vendeuses!”

L’Alliance pour le dimanche soutient le référendum lancé par Unia et déjà soutenu par l’Union syndicale du Canton de Berne.

Lors de sa session de juin, le Grand Conseil bernois a doublé le nombre de dimanches où les magasins peuvent ouvrir. Or, le dimanche est l’unique jour de repos commun. L’Alliance s’oppose à un affaiblissement supplémentaire du repos dominical. Il permet la récupération et des loisirs ainsi que de préserver des activités sociales et familiales. Cela doit rester un droit dans le futur, pour les vendeuses mais aussi pour tou-te-s les autres salarié-e-s.

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Appel à la CER: garder le dimanche comme jour de repos

Le projet législatif suscité par l’initiative parlementaire du Conseiller aux Etats Konrad Graber prévoit toujours une extension significative du travail dominical et remet de ce fait en question le repos dominical. L’Alliance pour le dimanche a signifié à la commission de l’économie et des redevances sa profonde incompréhension à voir une modification législative aussi importante que l’extension du travail dominical traitée sans même entendre l’Alliance pour le dimanche dont les principales Eglises sont membres. Et donc sans écouter les organisations qui s’activent depuis des années pour la protection du dimanche comme jour de congé.

Nos organisations estiment essentiel de conserver le dimanche comme jour de repos; nous invitons le Parlement, et en tout premier lieu la CER-E dans sa nouvelle composition, à enfin considérer la protection du dimanche dans ses travaux.

Lettre à la CER-E du 16 janvier 2020

Procédure très discutable de la commission de l’économie contre le repos dominical

L’Alliance pour le dimanche constate avec étonnement qu’une modification législative aussi importante que l’extension du travail dominical est traitée par la commission de l’économie sans égards aux questions de fonds qu’elle soulève. Et sans discussion directe avec des organisations parmi les plus concernées de ce pays par votre décision. Avec moults arguments, l’Alliance pour le dimanche invite la commission de l’économie à refuser l’entrée en matière sur le projet de loi.
Prise de position de l’Alliance pour le dimanche du 16.10.2019