Non à la journée de travail de 24 heures

Communiqué de presse du 25 juin 2013 – Les organisations affiliées à l’Alliance pour le dimanche lancent aujourd’hui la campagne de votation contre la péjoration de la loi sur le travail (LTr) soumise aux urnes le 22 septembre. Concrètement, le Parlement vise à introduire la journée de travail de 24 heures dans les shops des stations-service. La modification de la LTr prévue à cet effet risque de faire tache d’huile dans tout le commerce de détail. D’importantes plages de repos et de vie sociale disparaîtraient, avec des conséquences dramatiques pour toutes les autres branches d’activité. Voilà contre quoi proteste farouchement l’Alliance pour le dimanche.

2013_06_pkLes partisans de la libéralisation à tout crin ont choisi la tactique du salami, afin de mieux démanteler la loi sur le travail, qui protège la santé des travailleurs/euses. Il en résulterait une explosion du travail de nuit et du dimanche. Le flou entourant le champ d’application de la modification de la loi sur le travail aboutirait à une prolifération incontrôlable des shops de stations-service et accroîtrait encore les pressions à la libéralisation dans le commerce de détail. Aussi les organisations affiliées à l’Alliance pour le dimanche ont-elles lancé un référendum, qui a abouti avec plus de 86 000 signatures. «Ce qui nous guette dans les shops des stations-service risque de devenir demain la règle dans le commerce de détail», prévient Vania Alleva, coprésidente d’Unia.

Aujourd’hui déjà, le personnel de vente doit faire face à des salaires très bas, à des horaires de travail fragmentés et au travail sur appel. «Dans ces conditions, le travail devient un fardeau insupportable», rappelle Kurt Regotz, président du syndicat Syna. L’extension des horaires de travail pénaliseraient surtout les femmes, qui représentent presque 70 % du personnel de vente. Liselotte Fueter, coprésidente des Femmes protestantes en Suisse (FPS), rappelle une réalité loin d’être rose: «Cet énorme stress aboutit souvent, chez des femmes déjà confrontées à de multiples charges, à des situations mauvaises pour la santé.» Klaus Stadtmüller, président de la Société suisse de médecine du travail, ne peut que confirmer les atteintes à la santé causées par le travail de nuit notamment: «Des troubles psychiques, pouvant aller jusqu’à la maladie (dépression), se multiplient, tout comme les problèmes digestifs, le manque d’appétit et la tendance à l’hypertension.»

Le commerce de détail n’est d’ailleurs pas seul concerné. Car le projet démantèle la loi sur le travail sur un point essentiel – l’interdiction du travail de nuit et du dimanche. Les employés dans les shops des stations-service ne sont pas les seuls concernés. L’assouplissement des règlementations va très vite s’étendre à tout le commerce de détail et ensuite à d’autres branches. Cette péjoration touchera l’ensemble des salarié-e-s, qui devront se tenir en permanence à disposition de l’employeur. En effet, la flexibilisation constante des horaires de travail menace de précieux moments, jusque-là réservés à la vie sociale. «Cette révision de loi constitue, au fond, une décision de principe. Il s’agit de faire du dimanche une journée ouvrable, consacrée aux achats!», prévient Thomas Wallimann, président de Justice et Paix.

Enfin, ces péjorations infligées à un grand nombre de travailleurs/euses ne profiteront qu’à une petite minorité: «Le profit de la classe possédante passe avant la santé et la vie sociale du personnel», regrette Jacques-André Maire, conseiller national socialiste. Le cercle des personnes lésées est toutefois bien plus large, car les riverains et l’environnement feront également les frais de la journée de travail de 24 heures. «Il s’agit ici de shops exclusivement accessibles en voiture. Ce qui encouragera du même coup les achats motorisés à toute heure – et en particulier la nuit où le bruit trouble le sommeil», rappelle Daniel Vischer, conseiller national vert.

Pour en savoir plus:

86’499 signatures collectées contre la journée de travail de 24 heures

Communiqué de presse du 3 avril 2013 – Le dépôt du référendum contre la journée de travail de 24 heures a lieu ce matin. Pas moins de 86’499signatures ont été récoltées en moins de trois mois contre la libéralisation des heures d’ouverture dans le commerce de détail. Les membres de l’Alliance pour le dimanche manifestent leur opposition à la journée de travail de 24 heures, avec une installation figurant une horloge où de minuscules ouvrières et ouvriers trottent sans cesse, aux ordres de politiciens libéraux.

Ce matin à 10 heures, les organisations membres de l’Alliance pour le dimanche ont convergé à Berne pour y déposer à la Chancellerie fédérale les signatures contre la journée de travail de 24 heures, récoltées à une vitesse record. L’Alliance pour le dimanche y a protesté contre l’augmentation du stress dans la société actuelle, facteur d’épuisement professionnel. Une installation figurait les turbos de la libéralisation actionnant une manivelle pour faire trotter en permanence, à toute vitesse, des ouvrières et ouvriers autour d’une horloge figurant les 24 heures de la journée.

La libéralisation des shops des stations-service introduirait pour la première fois la journée de travail de 24 heures dans le commerce de détail. Et il ne s’agit que d’un cheval de Troie. D’autres projets tout aussi radicaux suivront. La votation à venir a donc une valeur de signal pour les interventions parlementaires suivantes: le groupe vert’libéral souhaite introduire la journée de 24 heures dans les petits commerces – 7/7 jours. Au motif que les shops des staions-service pourront eux aussi ouvrir plus longtemps. Et le conseiller aux Etats PLR Fabio Abate exige l’introduction à grande échelle du travail du dimanche.

Les organisations membres de l’Alliance pour le dimanche sont particulièrement satisfaites de la vitesse à laquelle les signatures nécessaires ont été réunies. Cela prouve que la population suisse désapprouve la course à la libéralisation des élus politiques. Les votations de ces dernières années en apportent la confirmation: dans plus de 90% des cas, les citoyens se sont prononcés contre la prolongation des heures d’ouverture. Le personnel de vente est lui aussi farouchement opposé à toute nouvelle libéralisation – sachant par expérience que ses conditions de travail se détérioreraient encore. Les femmes seraient les premières victimes du travail de nuit et du dimanche, qui nuit à la santé.

Etant donné la rapidité à laquelle les signatures ont été collectées, l’Alliance pour le dimanche fait confiance aux citoyennes et citoyens pour refuser ce projet de libéralisation des heures d’ouverture des shops de stations-service.

Quelque 67‘082 signatures ont été déposées aujourd’hui. Or ce n’est que la pointe de l’iceberg, l’Alliance pour le dimanche ayant reçu beaucoup plus de paraphes. Grâce au large soutien rencontré dans la population, les organisateurs ont même pu renoncer à faire contrôler toutes les signatures reçues, afin de réduire au maximum leurs frais administratifs.

Les représentant-e-s de plusieurs organisations expliqueront lors de la remise du référendum, dans de brèves allocutions, les conséquences qu’aurait une telle péjoration de la loi sur le travail.

Pour en savoir plus:

  • Vania Alleva, coprésidente d’Unia, 079 620 11 14
  • Wolfgang Bürgstein, secrétaire général de Justitia et Pax, 078 824 44 18
  • Liselotte Fueter, coprésidente des Femmes Protestantes en Suisse, 079 302 45 35
  • Chantal Hayoz, secrétaire centrale Syna, 079 424 40 68
  • Jacques-André Maire, conseiller national PS, 078 709 48 50
  • Jo Lang, vice-président Les verts,079 321 96 30
  • Danièle Lenzin, coprésidente de syndicom, 079 303 24 69
  • Otto Schäfer, chargé des questions théologiques et éthiques, Fédération des Églises protestantes de Suisse, 076 / 778 39 87
  • Klaus Stadtmüller, président de la Société suisse de médecine du travail, 079 237 97 10
  • Heiner Studer, président du PEV, 079 445 31 70

Décision incompréhensible du Conseil national

Commentaire du 19 mars 2013 sur la décision du Conseil national de soutenir la motion Abate visant à introduire l’ouverture des commerces le dimanche partout en Suisse et toute l’année – L’Alliance pour le dimanche critique la décision du Conseil national comme incompréhensible et extrêmement préoccupante d’un point de vue démocratique. Si la dérégulation des ouvertures dominicales devait effectivement être introduite par voie d’ordonnance, les membres de l’Alliance pour le dimanche se réservent le droit d’engager des démarches juridiques pour faire examiner cette procédure par le tribunal. Il est impensable qu’une détérioration aussi grave des conditions de travail soit introduite en Suisse sans consulter le peuple.

La motion du politicien PLR tessinois Fabio Abate veut autoriser l’ouverture des magasins le dimanche par une simple modification de l’ordonnance sous le couvert de la «promotion du tourisme» dans les grands espaces économiques. L’ouverture des commerces le dimanche sans autorisation deviendrait ainsi possible d’un coup pratiquement dans toute la Suisse. Jusqu’à présent, le congé du dimanche était protégé par la loi.

Il est particulièrement inquiétant que le peuple n’ait rien à dire concernant cette décision. Selon l’Alliance pour le dimanche, une nouveauté aussi grave ne peut pas être introduite par voie d’ordonnance par la petite porte pour des raisons de hiérarchie des normes. Il faudrait impérativement procéder à une révision partielle de la loi sur le travail sur laquelle repose cette décision.

Informations supplémentaires:

  • Vania Alleva, coprésidente d’Unia, 079 620 11 14
  • Wolfgang Bürgstein, secrétaire général de Justitia et Pax, 078 824 44 18
  • Lieselotte Fueter, coprésidente des Femmes Protestantes en Suisse, 079 302 45 35
  • Danièle Lenzin, coprésidente de syndicom, 079 303 24 69
  • Ada Marra, conseillère nationale PSS, membre de la CER, 076 383 20 69
  • Kurt Regotz, président de Syna, vice-président de Travail.Suisse, 079 617 62 94.
  • Louis Schelbert, Conseiller national Les verts, membre de la CER, 079 730 75 01
  • Klaus Stadtmüller, président de la Société suisse de médecine du travail, 079 237 97 10, 032 653 85 48

Non à la journée de travail de 24 heures – Référendum contre la libéralisation des horaires d’ouverture des magasins

Communiqué de presse du 8 janvier 2013 – Aujourd’hui, les organisations de l’Alliance pour le dimanche lancent un référendum contre la détérioration de la Loi sur le travail. En cause, la volonté du Parlement d’introduire l’ouverture 24 heures sur 24 des magasins des stations-service. Cette brèche menace l’ensemble du commerce de détail. En outre, par sa décision, le Parlement édulcore la Loi sur le travail. Cela entraîne des conséquences dans toutes les branches et sape des libertés sociales importantes. Les organisations de l’Alliance pour le dimanche s’y opposent avec véhémence.

Le 14 décembre, le Parlement a pris la décision de déréglementer les horaires d’ouverture des magasins des stations-service, et d’instaurer pour la première fois la journée de travail de 24 heures dans le commerce de détail. Ce faisant, il élargit aussi le travail dominical. Par ailleurs, le manque de clarté du champ d’application entraînera une prolifération sauvage incontrôlable des magasins et accroîtra fortement la pression à la libéralisation dans le commerce de détail. « De plus, ce projet de loi ouvre la porte à de nouvelles tentatives radicales de libéralisation au Parlement », affirme Vania Alleva, coprésidente d’Unia.

« La nuit et le dimanche nous appartiennent et ne seront pas sacrifiés sur l’autel de la libéralisation », affirme Kurt Regotz, président du syndicat Syna. Le personnel de vente pâtit d’ores et déjà de salaires bas, d’horaires de travail morcelés et du travail sur appel. Les femmes, qui constituent presque 70 % du personnel de vente, sont frappées de plein fouet par la prolongation des horaires d’ouverture. Liselotte Fueter, coprésidente des Femmes Protestantes en Suisse, ajoute : « Il est question d‘emplois classiquement féminins avec de mauvaises conditions de travail ». En plus, le travail de nuit et le travail du dimanche portent atteinte à la santé. Klaus Stadtmüller, président de la Société Suisse de Médecine du Travail, le sait d’expérience : « La possibilité de faire ses achats 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 est un luxe qui ne justifie pas d’imposer aux employés des contraintes supplémentaires et de mettre leur santé en danger ».

Qui plus est, le commerce de détail n’est pas le seul touché. Car le projet de loi sape la Loi sur le travail sur un point essentiel : l’interdiction du travail nocturne et du travail dominical. Tous les employés sont concernés. On leur demande toujours davantage une disponibilité permanente. Avec la flexibilisation continue des horaires de travail, des libertés sociales importantes se perdent. « Le dimanche férié nous offre le temps du repos et de la régénération. Non seulement en tant qu’individu, mais aussi en tant que membre de la société ». L’Alliance pour le dimanche est convaincue qu’il ne faut pas renoncer à ces acquis de manière inconsidérée.

Discours:

 

Pour de plus amples informations :

  • Vania Alleva, coprésidente Unia, vice-présidente USS, no de tél. 079 620 11 14
  • Kurt Regotz, président Syna, vice-président Travail.Suisse, 079 617 62 94.
  • Liselotte Fueter, coprésidente des Femmes Protestantes en Suisse, 079 302 45 35
  • Klaus Stadtmüller, président de la Société Suisse de Médecine du Travail, 079 237 97 10
  • Contact Père Abbé Martin Werlen : Wolfgang Bürgstein, secrétaire général Justice et Paix, 078 824 44 18
  • Géraldine Savary, Conseillère des Etats, Vice-Présidente PS Suisse, 079 414 86 65